Un tour des marchés, des producteurs et des adresses incontournables pour composer un panier 100 % Provence, beau et bon.
Un pique-nique provençal réussi commence la veille — ou le matin même au marché. La Provence est une région de petits producteurs passionnés qui méritent qu’on prenne le temps de les connaître. Voici comment composer, étape par étape, un panier qui sera à la hauteur du paysage.
Le marché du matin : votre première étape
Aix-en-Provence tient l’un des plus beaux marchés de Provence, trois fois par semaine (mardi, jeudi, samedi), place Richelme et place des Prêcheurs. Arrivez tôt — avant 9h — pour avoir accès aux meilleures pièces. Les fromages de chèvre de montagne (les fameux petits ronds de la vallée du Haut-Var), les tomates de Baumettes encore tièdes du soleil, les olives marinées aux herbes fraîches : tout est là.
Si vous êtes côté Sainte-Victoire, le marché du samedi à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et celui du dimanche matin à Trets sont deux très bonnes alternatives, moins touristiques et très authentiques.
Les incontournables du panier
La tapenade d’abord — noire de préférence, à base d’olives de la région et d’anchois de Méditerranée. Évitez les versions industrielles : une vraie tapenade artisanale a une consistance grumeleuse, une couleur sombre et un goût puissant. Quelques producteurs de Maussane-les-Alpilles en vendent en bocaux au marché d’Aix.
Le fromage ensuite. Le Banon AOC, ce fromage de chèvre fermier enveloppé dans une feuille de châtaignier, est une référence. Mais les fromages frais provençaux — brebis doux, picodon affiné, pélardon — ont leur place dans n’importe quel panier qui se respecte. Associez-les avec un filet de miel de lavande et quelques noix.
La charcuterie du pays : sanglier, cochon noir de Bigorre ou simplement un bon saucisson de montagne. Les caves de producteurs autour de la Sainte-Victoire en proposent souvent à la vente directe.
Le pain : l’élément qu’on sous-estime
Un bon pique-nique mérite un bon pain. La fougasse à l’huile d’olive et aux herbes, la pan bagnat niçois ou simplement une belle baguette de tradition chez un artisan boucher-boulanger — le pain est le socle de tout. À Aix, la boulangerie Riederer (cours Mirabeau) et la Maison Weibel (rue des Cordeliers) sont des références solides.
Le dessert : simple et local
Quelques calissons d’Aix (toujours en boîte pour éviter qu’ils ne s’écrasent), des abricots de Vaucluse en saison, ou une part de tarte aux herbes de la grand-mère provençale chez le traiteur local. La règle : un dessert, pas trop sucré, qui ferme bien le repas sans alourdir.
Le calisson d’Aix, cette petite friandise en forme de barque allongée à base d’amandes broyées et de melon confit, a une origine que les Aixois défendent avec ferveur : il aurait été créé en 1473 pour le mariage du roi René d’Anjou avec Jeanne de Laval. Le souverain, dit-on, voulait que sa nouvelle épouse — connue pour sa mélancolie — retrouve le sourire. La légende dit qu’elle en mangea un et dit simplement ‘Di calin soun’ — ‘Ce sont des câlins’. D’où le nom. Vérifiée ou non, cette histoire illustre bien l’attachement profond de la Provence à ses douceurs.

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