Salon-de-Provence : la ville qui se raconte à voix basse

Entre Nostradamus, l’École de l’Air et les meilleures olives du monde — portrait d’une ville discrète qui mérite qu’on s’y arrête vraiment

✦ Mots-clés : Salon-de-Provence visiter, Nostradamus Salon, château Empéri Salon, olives Salon-de-Provence, savon Marius Fabre Salon, que faire Salon-de-Provence

Salon-de-Provence est une ville injustement ignorée. Elle n’est pas sur la route des grands circuits touristiques — pas assez proche d’Aix pour être dans son orbite, pas assez proche de la mer pour être dans celle de Marseille. Elle est là, entre les deux, dans la plaine de la Crau, avec ses fontaines qui coulent dans un silence que les grandes villes ont perdu, ses ruelles moyenâgeuses autour du château de l’Empéri, et cette qualité particulière des villes qui n’essaient pas de plaire — qui ont leur vie propre, leurs habitudes, leurs saisons, et qui accueillent les visiteurs sans tout mettre en scène.

Cette discrétion est sa force. Salon vous surprend à chaque angle parce qu’elle ne vous a rien annoncé. Elle est le meilleur exemple de la Provence non-touristique — une ville réelle, habitée, avec ses marchés vrais et ses cafés de quartier, qui a des choses remarquables à raconter à qui prend le temps d’écouter.

Nostradamus et le château de l’Empéri

Michel de Nostredame — Nostradamus — vécut à Salon-de-Provence de 1547 jusqu’à sa mort en 1566. C’est ici qu’il écrivit ses Centuries, ce recueil de quatrains prophétiques qui continue de fasciner le monde entier cinq siècles plus tard. Sa maison, transformée en musée, est une de ces visites qui ne déçoivent jamais : les pièces reconstitués, les flacons d’apothicaire, les instruments astronomiques de l’époque créent une atmosphère d’époque saisissante. La ville a su honorer ce fils adoptif illustre sans en faire un cirque touristique.

Le château de l’Empéri est l’un des plus beaux châteaux médiévaux de Provence — et l’un des moins connus. Résidence des archevêques d’Arles depuis le Xe siècle, il domine la ville de ses tours imposantes depuis un éperon rocheux. Il abrite aujourd’hui le Musée de l’Empéri, consacré à l’histoire militaire française de Louis XIV à 1918 — l’une des plus importantes collections françaises dans ce domaine, avec des milliers de pièces d’uniformes, d’armes et d’équipements militaires d’une qualité muséographique remarquable.

L’olivier, l’école de l’air et la ville vraie

Salon-de-Provence est aussi la capitale française de l’olive confite — ces olives marinées dans l’huile aux herbes que l’on trouve sur tous les marchés de Provence mais dont les meilleures viennent de la plaine de la Crau. Les herbes fraîches de la Crau, l’huile d’olive des moulins locaux et les olives cultivées depuis des siècles sur les terrasses de la plaine donnent des produits d’une qualité que peu d’autres régions peuvent atteindre.

La Patrouille de France, la prestigieuse escadre de voltige aérienne de l’armée française, est basée à la Base Aérienne 701 de Salon-de-Provence. Plusieurs fois par an, les Alpha Jet de la patrouille s’entraînent au-dessus de la ville et de la Crau dans des figures qui font lever les yeux de tout le monde — tracteurs dans les champs, clients des terrasses de café, piétons sur le cours Victor Hugo.

Le marché de Salon, le mercredi et le samedi matin sur le cours Victor Hugo et la place Morgan, est l’un des meilleurs de la région pour ses produits locaux — les olives et les olivades de la Crau, bien sûr, mais aussi les légumes des maraîchers de la plaine, les fromages de brebis des élevages des Alpilles, les miels des apiculteurs du pays. Un marché qui sert les habitants d’abord — et ça se voit dans la qualité.

🌿 Anecdote — Nostradamus, avant d’être prophète, était médecin et apothicaire. À Salon, il soigna plusieurs épidémies de peste avec des remèdes à base de plantes — dont la fameuse pilule contre la peste qu’il fabriquait avec des roses séchées, du cyprès et d’autres aromates. Les historiens de la médecine ont noté que ses conseils d’hygiène — se laver les mains, aérer les pièces, isoler les malades — étaient remarquablement en avance sur son époque. Nostradamus était peut-être un meilleur médecin qu’un prophète.

Laisser un commentaire